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Micro-trottinant - Il y'a 2 semaines

Le journaliste Ladji Bama se prête aux questions des Amis du Net

AmiNet, ci-dessous des réponses du journaliste d’investigation Ladji BAMA à des questions posées sur la page Facebook.

 

Kindo Mohamed et Jean Cyrille BadoD’où tire-t-il sa détermination ? Pourquoi tant d’ardeur à traquer la vérité et la justice ??

Réponse de Ladji Bama : C’est dû au fait qu’on se retrouve dans un monde aujourd’hui, où la vérité, la justice ne sont pas les choses les mieux partagées. Ce sont des choses assez rares, et pour pouvoir les avoir, il va falloir que chacun retrousse ses manches et c’est ce que moi j’essaie de faire. Pour pouvoir atteindre la vérité aujourd’hui dans ce monde, tout comme la justice, il faut retrousser surtout les manches et batailler dur. Je suis conscient que ce sont des batailles qui sont très acharnées, très dures à mener. Donc, je me donne un moral conséquent pour pouvoir le faire.

Abatidan Casimir : J’aimerais savoir où on en est avec l’incendie de sa voiture. L’enquête a-t-elle abouti à quelque chose ?

Ladji BAMA : Sur cette question, je suis désolé de lui dire que moi non plus, je ne sais rien de cette enquête jusque-là. Depuis que ça s’est produit, la police est venue faire ses constations d’usage en son temps. Elle m’avait promis qu’elle allait me revenir si toutefois il y avait du nouveau. Je suis au regret de constater que jusqu’à présent, la police ne m’est toujours pas revenue. J’attends toujours, j’espère qu’elle finira par me revenir un jour.

Ami Sawadogo : L’affaire charbon fin, c’est comment? On attend la suite.

Qu’est ce que je peux dire sur ce fameux dossier. Sauf qu’il y a peut-être une semaine que le dossier un peu rangé aux oubliettes est revenu au devant de l’actualité dans le courant de la semaine dernière où il semble que les fameuses contrexpertises que la partie defenderesse avait exigé ont été finalement accordées. Je pense qu’ils actuellement sur ces fameuses contrexpertises, c’est tout ce qu’on sait. Le dossier est en justice, on attend. J’espère que la Justice va vraiment dans le sens de faire jaillir toute la vérité sur cette affaire qui je le vois, concerne tous les Burkinabè. Les Burkinabè tiennent à ce dossier, on va continuer de le suivre.

Amedee Bationo : Dites-lui pourquoi il n’accepte pas les reproches et pense forcément étre le seul à detenir la verité ?

Ladji BAMA : – (Sourire) Wow, voilà une question qui me plaît bien. Elle revient chaque fois sur mes posts sur Facebook. Quand je la vois, elle me fait sourire. Parce que je vois très souvent des gens qui pensent qu’ils peuvent venir sur la page de quelqu’un, dire du n’importe quoi, insulter et puis partir sans qu’on ne puisse leur répondre. Quand je vois des gens qui disent que je suis contre la contradiction, ils me font rire. Je les invite tout simplement à aller sur ma page. Je ne compte plus gens qui sont en contradiction flagrante avec moi. On se dispute, on va même souvent à se tenir des propos souvent un peu durs, mais ça ne m’empêche pas de continuer le débat.

Soumaila Savadogo : Monsieur le journaliste, n’est-ce pas un gain d’argent dans la vente des articles du journal le Courrier Confidentiel qui est le vrai moteur de motivation de tes investigations?

Ladji BAMA : Je suppose quand il dit vente du papier, c’est pour du gain d’argent, il voit en arrière plan, c’est de l’argent. Or, tout le monde sait que ce métier, tous les bons journalistes vous diront tout de suite que ce métier, on ne vient pas là bas pour chercher de l’argent. Si c’était pour de l’argent, moi je serais pas resté ici, je sais où aller chercher de l’argent. Donc s’il pense qu’on peut venir juste pour de l’argent, faire ce travail-là, il se trompe lourdement. Et d’ailleurs, on ne peut pas comprendre que pour vendre du papier, on puisse se fatiguer autant. Il y a des gens qui vendent du papier autrement, sans prendre de risques que les journalistes d’investigation prennent. Vendre du papier, peut-être, mais ce n’est pas ça notre objectif.

Des internautes se demandent ce que pense votre famille du métier à risque que vous exercez

Ladji BAMA : C’est pas facile souvent à gérer la famille. Moi ce que je fais, l’apanage que j’ai trouvé, c’est de faire de mon mieux, pour mettre ma famille en dehors de tout ça. Ce que je fais comme métier, ma famille n’a rien à voir dedans, je suis le seul journaliste dans ma famille, les autres ne sont pas des journalistes. Je dis toujours qu’ils n’ont rien à voir avec mon métier, parce que souvent, il y a certaines personnes qui vont passer par ta famille, pour chercher à t’influencer. J’ai été clair avec toute personne dans ma famille. Quelqu’un vient te voir, par rapport à moi, dis à la personne de venir me voir directement. Qu’elle ne passe par toi. J’ai été clair avec beaucoup de membres dans ma famille, si bien que ma famille sait à quoi s’en tenir en ce qui concerne mon travail.

Aminata Sanou : Quelle est la proposition la plus alléchante que vous avez refusée au cours de vos enquêtes ?

Ladji BAMA : C’est sûr, les propositions n’ont jamais manqué en la matière. La plus alléchante, qu’est ce que je peux retenir… Peut être celle-là qui est la plus récente, c’est en décembre (2019,ndlr) dans le dossier Abdoul Service d’ailleurs qui nous a conduit devant les tribunaux. Voilà un dossier dans lequel, quand je suis allé interviewer Monsieur Abdoul Ouedraogo, le PDG d’Abdoul Service, d’abord qui n’a pas voulu répondre à un certain nombre de questions que je lui ai posées, à la fin de notre entretien, il se lève, il sort de son boubou une enveloppe qu’il veut me remettre. Je lui ai dit non monsieur, je ne suis pas venu pour ça, merci; j’étais venu pour des informations, vous m’avez donné ce que vous avez voulu me donner, ça me suffit largement, l’enveloppe, je n’en ai pas besoin. Il a insisté, j’ai dû prendre la porte pour qu’il se ravise et ranger son enveloppe. Et ce n’est pas tout. Quand le premier article est sorti, il a encore envoyé un émissaire voir mon Directeur de publication pour demander à le voir. Dans un premier temps, il n’avait pas voulu aller le voir parce que mon directeur de publication lui a dit que s’il a des informations à nous donner, c’est le journaliste qui travaille sur le dossier qui est son interlocuteur. Il a insisté à tel point que moi-même j’ai dû convaincre le DP d’aller le rencontrer. Et là encore, c’est comme on s’y était préparé, il a encore sorti une enveloppe, pour remettre au DP, qui lui a dit la même chose : « nous ne travaillons pas comme ça au Courrier Confidentiel, nous ne travaillons pas pour des enveloppes, qu’il range son enveloppe ». Il est parti aussi laisser.
Quand je regarde l’enveloppe qu’il me tendait, surtout quand le DP m’a raconté un peu ce qu’il lui a tendu, on n’a pas pu voir ce qu’il y avait à l’intérieur, on suppose que c’était des choses assez consistantes.
Et ça, c’est vraiment des faits très courants en investigation. Quand on sait ce qu’on veut, quand on sait où on veut aller, ce sont des choses qui ne retiennent pas souvent l’attention. On fait fi de ça.

 

 Message aux AmiNet

Juste dire que le Net, c’est une grande chance pour nous, pour notre génération. On peut faire beaucoup de merveilles avec le net, beaucoup de merveilles surtout sur le net, mais en même temps aussi, faisons attention. Il y a aussi beaucoup de monstruosité sur le net, beaucoup d’ignonimie sur le net, il faut s’en méfier, il faut savoir se servir du net, pour faire avancer des causes qui sont justes, des causes qui sont nobles.
La question de ce qu’on appelle le piratage, c’est un phénomène qui est beaucoup préoccupant aujourd’hui surtout pourles journaux d’investigation comme Courrier Confidentiel et tous les autres, Le Reporter, l’Evènement, Mutations. A la longue, si on n’y prend garde, beaucoup de journaux vont devoir fermer boutique. Là ce sera dommage pour toute la Nation qui va perdre parce que pour qui sait la contribution de tous ces journaux à l’avancée de notre démocratie, si un seul disparaît, c’est la démocratie qui prend un gros coup.

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