Accueil Micro-trottinant « C’est le pouvoir qui donne des occasions de le critiquer » Ladji BAMA
Micro-trottinant - Il y'a 2 semaines

« C’est le pouvoir qui donne des occasions de le critiquer » Ladji BAMA

Nous avons tendu notre micro au très actif journaliste Ladji Bama. Lauréat de plusieurs prix dont le Grand Prix d’excellence Norbert Zongo du journalisme d’investigation 2015.

Ici, il répond à nos et vos questions. Vos questions parce que certaines questions posées par vous sur la page AmiNet trouveront aussi réponses.

 

AmiNet : Yacouba Ladji Bama pour certains internautes, c’est le monsieur trop critique envers le pouvoir actuel

Ladji Bama : C’est le reproche qu’on me fait très souvent, on trouve que je critique beaucoup le pouvoir, je ne critique jamais l’Opposition. Je dis mais, c’est le pouvoir qui est aux affaires. C’est le pouvoir qui donne des occasions de le critiquer. Quand l’Opposition sera aussi aux affaires un jour, on verra aussi et on avisera. Mais pour le moment, ceux qui nous gèrent au quotidien, c’est ceux qui sont au pouvoir, il est normal qu’on puisse critiquer leur action. Le fait de ne pas critiquer l’Opposition, et d’ailleurs ce n’est même pas le cas, parce que souvent aussi, quand on a l’occasion de dire quelque chose qui ne va pas l’Opposition, on n’hésite pas à le faire.

D’aucuns jugent par ailleurs que vous êtes trop virulent en ligne

Pour ce qui est de la virulence, je ne sais pas ce que les gens appellent virulence souvent. Moi, peut-être que c’est lié aussi à ma culture, je ne peux pas voir votre téléphone qui est noir, et dire « en réalité, votre téléphone, il n’est pas très gris, mais… ». Non non, il est noir, il est noir. C’est ça. Et beaucoup de Burkinabè, je ne sais d’où ils tirent ce complexe là, ils aiment te voir ménager les choses, ménager certaines personnes, surtout quand il s’agit des autorités. On veut te voir dire que non, un tel ministre qui a menti, tu ne puisses pas dire qu’il a menti, mais, qu’en réalité, il a dit quelque chose qui ne ressemble pas trop à la vérité et tout ça. Mais pourquoi ne pas dire qu’il a menti directement, et puis on avance? Moi, ce n’est pas ce genre de contournements, non. Moi je préfère te dire directement ce qu’il y a. Je sais que c’est ce qui ne plaît pas à beaucoup de gens, qui trouvent que non, quand tu dis qu’un ministre a menti, c’est pas courtois. Non, s’il a menti, il a menti.
Maintenant, c’est au ministre, s’il ne veut qu’on lui dise qu’il a menti, d’éviter de mentir, parce que le mensonge n’est pas bon. Ça ne va pas nous faire avancer.


 Lire aussi : Le journaliste Ladji Bama se prête aux questions des Amis du Net


Qu’apportent les réseaux sociaux au journaliste d’investigation que vous êtes?

C’est une très bonne question. C’est ce que je dis souvent à ceux qui me disent de raccrocher des réseaux sociaux. C’est extraordinaire, mais moi, je ne sais plus combien d’informations utiles, j’ai pu avoir à travers les réseaux sociaux, je ne sais plus combien de gens, me contactent, à travers les réseaux sociaux pour me donner des pistes, qui me permettent de faire des investigations souvent qui mènent à des choses extraordinaires. Et ces personnes là, n’eût été ma présence sur Facebook, n’eût été, Messenger qui nous permet de communiquer, ils n’auront jamais pu me contacter parce que beaucoup n’ont jamais eu mon contact. Les réseaux sociaux aujourd’hui, plutôt que d’être des choses qu’il faut vilipender, si on sait bien les utiliser, peuvent être de grands atouts en matière d’investigation.

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